Parce que j'aime beaucoup ce qu'on appelle la "nouvelle variété française" (Benjamin Biolay, Carla Bruni, Keren Ann, Vincent Delerm, Bénabar, etc), je me suis laissée tenter par le second opus de Coralie Clément qui se trouve justement être la petite soeur de B.B. , lequel écrit et compose la majorité de ses titres. C'est rare que je m'emballe pour un album dès la première écoute, mais là, ça a été le cas, et depuis quelques jours je me le passe en boucle.
Autant le dire tout de suite: C.C. entre dans la catégorie "filles énervantes" avec son ravissant minois, son petit filet de voix, sa moue boudeuse et sa façon de susurrer des gros mots l'air de ne pas y toucher. On devine en elle une peste aux goûts classiques bon teint, méprisant tout ce qui est trop à la mode, ce qui paradoxalement fait d'elle une muse hyper-hype (j'essaye de parler le djeûns, merci de ne pas me lapider tout de suite).
Elle a inspiré à son frère des mélodies entre soft rock et balades entêtantes, et des textes qui dessinent un univers très personnel. Je craque tout particulièrement pour "L'Enfer" (texte ci-dessous) et "Un beau jour pour mourir", mais franchement il n'y a rien à jeter dans cet album, aucune chanson qui ne soit là pour faire du remplissage.
Quel effet ça t’a fait au fond de me laisser tomber ?
Sais-tu que lorsqu’on touche le fond on peut toujours creuser ?
Quel effet ça t’a fait au juste de me laisser à terre
Dans un palace d’à peu près juste avant la guerre ?
La chambre est vide
J’ai ces voix dans la tête
L’air est humide
Cette pensée qui m’entête
Faire le grand vide
Et que les voix s’arrêtent
Heureusement que l’enfer ça n’existe pas
Es-tu déçu de n’avoir vu chuter l’ange déchu ?
Es-tu ravi devant ce ravissant gâchis ?
La chambre est vide
Tu as eu la main leste
J’ai l’air horrible
Et la nuit noire empeste
J’ai beau faire le vide
J’ai ces voix dans la tête
Heureusement que l’enfer ça n’existe pas
You want more, you get less
Voilà tout ce qui me reste
Tu me prends, tu me laisses
Comme une pute, comme une peste