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Publié le mardi 25 janvier 2005

Mardi 25 janvier 2005

Alcool et drogue

Je suis toujours stupéfaite par la distinction que font les gens entre alcool et drogue. Je connais un paquet de gens qui, sans être des pochetrons, n'hésitent pas à se torcher copieusement à l'occasion, et qui jurent pourtant sur leurs grands dieux que jamais ils ne toucheront ne serait-ce qu'à un joint. Alors que franchement, quelle différence y a-t-il entre l'alcool et la drogue? Pour ma part, je n'en vois pas des masses. Les côtés positifs sont les mêmes: distorsion des perceptions, sentiment béni d'être en vacance de soi-même, capacité à se lâcher plus que dans la vie quotidienne. Les côtés négatifs aussi: perte du contrôle de soi, danger potentiel pour la santé en cas d'abus.

Entendons-nous bien, je ne veux pousser personne à la consommation ni de l'une, ni de l'autre substance. Il me semble juste que prises en quantité modérée et dans un but uniquement récréatif (pas pour compenser un quelconque vide affectif ou une incapacité de faire face au quotidien, donc), aucune des deux n'est plus nocive que l'autre. La seule différence notable, en vérité, c'est que l'une est légale et l'autre pas, que l'Etat touche des deniers sur l'une et pas sur l'autre, et que du coup les média banalisent la consommation de l'une et stigmatisent celle de l'autre. Donc, les gens qui boivent de l'alcool et condamnent le fait de prendre de la drogue, fût-ce occasionnellement, sont soit mal informés, soit incohérents dans leur logique, soit lobotomisés par le discours ambiant.


Armalite | | 2005-01-25 14:12:04
Permalien Je réfléchis à des trucs importants



4 Commentaires :

Commentaire écrit le dimanche 30 janvier 2005 à 07:49:13 (lien)
Dinou
mouais...je suis d'accord avec le fait que les deux peuvent être considérés comme une drogue sauf que si tu bois sans aucun excès cela ne nuit pas à ta santé, tandis qu'un joint nuira à ta santé


Commentaire écrit le vendredi 28 janvier 2005 à 09:39:46 (lien)
korrigan
Proverbe hippie: " Joint du matin, ça fait du bien; pétard du soir, c'est une devoir!" :))


Commentaire écrit le mercredi 26 janvier 2005 à 13:26:04 (lien)
zero
détail majeur, le contrôle de qualité peut différer dans les deux cas.


Commentaire écrit le mercredi 26 janvier 2005 à 01:54:23 (lien)
Owen Meany - http://owen.monblogue.com
D'accord avec toi!

Je pense que l'alcool est accepté socialement depuis toujours tandis que la "drogue" est diabolisée. Et puis, ce qui joue en défaceur du joint, c'est cette légende urbaine qui dit que cela mène à prendre des drogues dures par la suite (ce qui est faux!)

Il faut même savoir que les effets du cannabis sont moins nocifs que ceux de l'alcool (toute proportion gardée).

Enfin, l'excès nuit en tout!

Roger! Un muscadet


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Mardi 25 janvier 2005

"Dans la vraie vie" (2)

"Ce matin en me réveillant, j'avais l'impression que c'était le dernier jour du monde et je n'étais pas capable de dire si j'étais soulagé ou désespéré. Je me suis dit que moi et plein d'autres gens, vous par exemple, nous avions entre les mains autant de raisons de pleurer de bonheur à chaque seconde que d'être tristes à mourir. Je possède trois téléphones, et je n'ai rien d'important à dire. Deux mille CD et pas le temps de les écouter. Un abonnement à un club de gym et la flemme d'y aller. Un boulot super intéressant et l'angoisse de passer les trente prochaines années de ma vie coincé entre une moquette gris foncé et un faux plafond en dalles microperforées. Je suis certain que je pourrais faire quelque chose de formidable si j'avais une seule fois une bonne idée. Alors voilà: heureux ou malheureux? Qu'est-ce que vous en pensez?"

Ainsi commence "A bout de souffle", qui est à mon avis la nouvelle la plus intéressante de ce recueil puisqu'elle anticipe le sort réservé aux fumeurs dans un avenir proche: une espèce d'ostracisation outrancière et ridicule, mais pourtant pas si improbable à moyen terme. Le reste du bouquin va de l'assez bon ("Qu'est-ce que tu vas faire?" croque savoureusement la précarité actuelle du monde du travail, avec son héroïne qui enchaîne des contrats de plus en plus brefs et des relations amoureuses pareillement avortées, comme dans une vertigineuse spirale descendante) au très anecdotique ("Dans la vraie vie", sur la drague par internet, ou "Au coup de klaxon", sur le speed dating). A force de vouloir épingler son époque et disséquer le quotidien, l'auteur le fait parfois d'une manière trop convenue. Un recueil assez inégal, mais qui contient toutefois de bonnes choses.


Armalite | Ajouter un commentaire | 2005-01-25 13:59:46
Permalien Je me la joue culturée


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